The Great Resignation. Crises et usages de la crise dans les systèmes éducationnels en France et aux États-Unis

Séminaire de travail, organisé par M.-P. Chopin, B. Hsieh et J. Tourneville.

Le vocabulaire de la crise est régulièrement mobilisé au sein des sphères politiques, médiatiques, voire scientifiques, pourparler de l’éducation, tout particulièrement de l’éducation relevant du financement public (école, université, travail social, etc.). Cette crise est polymorphe et renvoie usuellement à des dysfonctionnements supposés des systèmes d’éducation (en termes de performances ou d’égalité des chances) ou à un déclin vocationnel. Pour ne considérer que le contexte scolaire, le"malaise enseignant" (que les anglo-saxons nomment directement "burn-out"), la perte d’attractivité du métier, ainsi que l’augmentation des démissions, sont aujourd’hui attestés.

Ces phénomènes sont réunis ici sous le syntagme "The Great Resignation", emprunté au contexte américain. Ils sont en effet statistiquement présents en Europe comme en Amérique du Nord, touchant tous les pays de ces continents. Dans un contexte de rapprochement des conditions d’exercice des métiers de l’éducation (et des systèmes qui les abritent) dans l’ensemble des pays concernés, ce séminaire, adossé à une recherche collaborative entre le CeDS (Université de Bordeaux, France) et l’Université de Long Beach (California State University, USA) propose de décrire et de discuter, par le croisement de regards et de travaux, la façon dont se manifestent mais aussi se construisent les crises des systèmes éducationnels. Ce sont consubstantiellement les usages politiques de ces crises qu’il s’agit de questionner, à partir de quelques problématiques axiales- celle de l’instabilité amenée par le rythme des changements au sein de ces systèmes, de la pression exercée par les attentes sociales contradictoires à leur égard, de la dérégulation de l’accès aux métiers dans les espaces éducationnels (dérégulation considérée comme réponse politique), ou encore de la difficulté des institutions à proposer un projet sur le long terme. La comparaison France/États-Unis, à l’origine de ce séminaire, est appelée à s’élargir à d’autres contextes.

Le format "séminaire de travail" signifie que, tout en ouvrant le séminaire à toute personne qui serait intéressée, chercheur.e ou étudiant.e, l'enjeu est, séance après séance, de travailler ensemble, à la clarification de questions et à la production d'axes de recherche collectifs. Pour plus d'informations, contactez M.-P. Chopin, B. Hsieh ou J. Touneville.

Mise à jour le 14/10/2022