Dans la continuité des séances du séminaire générale de l’année 2025-2026, ce cycle poursuit l’objectif d’approfondir une approche dite « située et contextualisée » des processus de production et de diffusion des savoirs, des conditions de transformation des conduites individuelles, ainsi que du lien entre ces deux niveaux d’analyse.
Afin de prolonger les réflexions sur les (dis)continuités épistémologiques entre les cadres théoriques qui permettent de déployer cette approche située, nous aurons le plaisir de recevoir :
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N. Vonarx (sciences infirmières) — lundi 8 décembre, de 10h30 à 12h30, amphithéâtre Denucé pour une intervention portant sur ses analyses articulant environnement/milieu et corps objet, pensant et sentant.
Résumé :
Les conceptions de l’environnement couramment entretenues dans les sciences de la santé renvoient à une lecture fortement influencée par la médecine et la santé publique. Ici, l’environnement est plutôt pensé dans une lecture matérialiste influencée par un intérêt pour divers objets qui le composent, qui font des effets délétères sur des corps humains et qui peuvent être mesurés d’un point de vue quantitatif. L’environnement est ex-posé, émietté, séparé et analysé dans le champ de la santé dans une logique de contact et de proximité. Or, à l’aune d’autres langages et notamment de lectures empruntées aux sciences humaines et sociales, l’environnement peut prendre d’autres sens qu’un registre sémantique permet de mettre en évidence. Par environnement, il peut être par exemple question de lieu, milieu, scène, habitat, décor et paysage. De là, d’autres rapports à la santé se font entendre et d’autres langages ouvrent des perspectives d’interventions différentes. Lors de cette prise de parole, je reprendrai d’abord un fil historique qui impose une idée précise de l’environnement et proposerai quelques pas de côté pour rendre compte de sa complexité en correspondance avec des dimensions du corps qui y est sous-jacente.