2026-2027
Séminaires généraux
24 septembre 2026 : 11h30-12h30 - Séance 1 - Pavel Sovic
Séance 1 : Présentation Pavel Sovic (doctorant de l’université Charles de Prague – invité au CeDS)
"Structuration et questions vives du système scolaire tchèque"
9 novembre 2026 : 15h30-17h30 - Séance 2 - Julie Pinsolle
Titre : « "C'est comme les animaux, ça fait partie des rapports de l'amour aussi" : Analyse des discours publics sur les chatiments corporels en éducation familiale dans les archives télévisuelles françaises de 1965 à 1985 »
Résumé : Cette séance de séminaire est consacrée à la présentation de travaux menés dans le cadre d'un collectif de recherche porté par Jérôme Krop et Xavier Riondet intitulé "Education et médias". Sur la base de l'analyse d'archives de la télévision française de 1965 à 1985, cette séance de séminaire est consacrée à la manière dont y est traitée, discutée la question du recourt aux châtiments corporels en éducation familiale.
L'intérêt des archives télévisuelles tient dans ce que leur visionnage permet de produire une histoire de l’opinion (telle qu’elle est exprimée et mise en scène par les dispositifs télévisuels), histoire de l’opinion étroitement entrelacée avec une histoire de l’intimité et de l’intime. Ainsi, sur le plateau de ces émissions aux « gestes se sont joints les mots, faisant exister une « parole privée » sur la conception de l'existence. » (Lévy, 1995, p. 187). Par l'analyse des discours qui s'y déploient, cette présentation vise à répondre à la question suivante : sur cette période et dans l’espace télévisuel français, les châtiments corporels en éducation familiale sont-ils institués comme un problème public (Gusfield, 2009 - ouvrage paru en 1981 aux etats-Unis) ?
Trois classes de discours émergent des analyses :
- La première réunit les discours pro-châtiments corporels puisque ces pratiques discursives présentent les châtiments-corporels comme naturels (insistant sur leur caractère universel, immémorial et traditionnel), mais aussi comme indispensables et surtout mérités. Cette classe de discours est significativement portée par la classe des praticien.nes ordinaires (essentiellement les parents mais aussi parfois les enseignant.es). Il ne s’agit pas d’une classe de discours historiquement située sur la période : elle se retrouve tout au long du corpus.
- Cette première classe s’oppose à une seconde qui ouvre la controverse : il s’agit d’une classe de discours qui, mettant l’accent sur les finalités de l’acte éducatif (l’autonomie), est caractérisée par le fait qu’elle désigne explicitement les châtiments corporels comme une violence et tâche d’en argumenter les effets délétères tant sur l’enfant lui-même que sur la relation éducative. Il s’agit de discours tenus essentiellement par des personnes présentées comme des "expert.es" qui jouissent d’une périodisation : ces discours sont statistiquement liés à la seconde moitié de la période et l’analyse thématique invite à faire commencer cette période à partir de 1976.
- Enfin, ces deux classes de discours cohabitent avec une troisième, significativement présente en début et fin de période qui donne à voir les châtiments corporels comme une « méthode » éducative qui aurait porté ses fruits et serait nécessaire pour des parents (et plus spécifiquement des mères) en lutte avec leur enfant et poussés à bout par ce dernier.
Salle : amphithéâtre Fabre, campus Victoire